Jean-Louis Georget, IFRI, 23 pages.
Extrait de l’introduction :
« 2009 est une année électorale décisive pour le camp conservateur dans le cadre d’une recomposition de l’échiquier politique allemand. L’élection régionale de la Hesse du 18 janvier a vu la reconduction du chrétien-démocrate Roland Koch dans ses fonctions de ministreprésident suite aux atermoiements d’Andrea Ypsilanti (SPD) dans son alliance avec le parti d’Oskar Lafontaine (Die Linke). Le président CDU Horst Köhler a été réélu à la présidence le 23 mai contre son adversaire sociale-démocrate de renom, Gesine Schwan, doyenne de l’université européenne Viadrina à Francfort-sur-l’Oder, mais qui ne disposait pas d’une réserve de voix suffisante pour inquiéter l’occupant en titre du château de Bellevue. Le résultat des élections européennes du 7 juin semble confirmer l’enchaînement des événements favorables pour le camp conservateur : la CDU/CSU a recueilli 37,9% des suffrages alors que le SPD, dont on pouvait penser qu’il progresserait, se retrouve confronté au résultat le plus médiocre de l’ensemble des consultations européennes auxquelles il a participé avec 20,8% des suffrages. Les vainqueurs relatifs du scrutin sont les libéraux de Guido Westerwelle, qui sont satisfaits des 11% d’électeurs leur ayant accordé leur suffrage et confirment une tendance perceptible depuis quelques mois. Les contours d’une coalition conservatrice se dessineraient-ils de manière inéluctable au vu des échéances récentes ? Il convient de rester prudent en répondant à cette question. Les équilibres sont moins stables qu’il n’y paraît, comme le démontre l’effet de vase communiquant entre l’électorat de la CDU et celui du FDP.
Télécharger le document PDF 187.1 ko
Le modèle allemand de l’Europe : l’ordolibéralisme
Christophe Strassel, En temps réel
« Il existe une littérature considérable, en forme d’éloges et faite d’ouvrages fameux, sur le « modèle rhénan ». Elle exprime une fascination très française pour le modèle allemand de l’« économie sociale de marché ». Mais comment pourrait-elle expliquer autrement que comme un reniement la réorientation libérale et le délitement du volet social initié à partir du second cabinet Schröder ? Il fallait pour comprendre cette évolution en repenser la dynamique même. En Temps Réel se réjouit de publier l’analyse de Christophe Strassel, qui y invite, en distinguant « économie sociale de marché » et « ordolibéralisme », et en montrant comment ce dernier a donné naissance à la première. Ainsi relu au prisme de sa généalogie intellectuelle, le modèle rhénan apparaît, non pas comme l’expansion naturelle, mais comme l’expression biaisée et sociale, et donc naturellement temporaire, du projet ordolibéral. Les réformes des récentes années apparaissent aussi comme le simple retour du modèle allemand vers la version ordolibérale de l’économie sociale de marché, avec une protection sociale moins étendue et un primat des politiques structurelles sur les politiques conjoncturelles. »
Télécharger le document PDF 286.1 ko