Le difficile second mandat. Les difficultés économiques de l’Allemagne depuis les dernières élections (septembre 2002) n’ont pas aidé le Chancelier Schröder à mettre de l’ordre dans son parti. Un taux de chômage qui ne cesse d’augmenter (10,1% en novembre 2004), une croissance économique pratiquement nulle, des caisses-santé constamment en déficit et un budget fédéral incapable de s’en tenir aux exigences du Pacte de stabilité européen, le Chancelier pouvait mal au début 2003 ne pas annoncer un plan de réforme important. L’" Agenda 2010 " présenté devant le Bundestag le 14 mars 2003 devait inaugurer une réforme radicale du système social allemand. Réduction des prestations d’assurance-chômage, combinaison de celle-ci avec l’aide sociale au bout d’un an, assouplissement des règles de licenciement, réduction des charges sociales pour les petites entreprises (voir notre section sur la Politique du travail), la nouvelle réforme risque de creuser l’écart entre l’aile gauche du SPD et le nouveau centre que désire incarner le Chancelier.
Le difficile second mandat. Les difficultés économiques de l’Allemagne depuis les dernières élections (septembre 2002) n’ont pas aidé le Chancelier Schröder à mettre de l’ordre dans son parti. Un taux de chômage qui ne cesse d’augmenter (10,1% en novembre 2004), une croissance économique pratiquement nulle, des caisses-santé constamment en déficit et un budget fédéral incapable de s’en tenir aux exigences du Pacte de stabilité européen, le Chancelier pouvait mal au début 2003 ne pas annoncer un plan de réforme important. L’" Agenda 2010 " présenté devant le Bundestag le 14 mars 2003 devait inaugurer une réforme radicale du système social allemand. Réduction des prestations d’assurance-chômage, combinaison de celle-ci avec l’aide sociale au bout d’un an, assouplissement des règles de licenciement, réduction des charges sociales pour les petites entreprises (voir notre section sur la Politique du travail), la nouvelle réforme risque de creuser l’écart entre l’aile gauche du SPD et le nouveau centre que désire incarner le Chancelier.
Plusieurs économistes et intellectuels critiquent l’Agenda mis de l’avant par Schröder. Selon eux, la réduction des prestations d’assurance-chômage risque de diminuer encore plus la demande intérieure allemande (traditionnellement faible) et d’entraîner le pays dans un cycle de décroissance. Cette critique trouve une oreille attentive sur la gauche et notamment du côté des syndicats, dont le lien traditionnel avec le SPD est mis à rude épreuve.
La troisième voie et la démission d’Oskar Lafontaine. Lorsqu’il publia conjointement avec Tony Blair le manifeste du " Nouveau centre " (Das neue Mitte) et de la " Troisième voie " en 1999, Gerhard Schröder savait qu’il prenait un risque énorme face à son parti. Comme en Angleterre, le recentrage du discours social-démocrate et la place grandissante accordée aux concepts d’efficacité, de performance et d’innovation, ont été perçus par l’aile dure du SPD comme une manière de mettre de côté les valeurs traditionnelles de la social-démocratie et de diminuer l’influence des syndicats.
La démission d’Oskar Lafontaine au mois de mars 1999, à la suite d’une spectaculaire lutte de pouvoir avec Gerhard Schröder, devait laisser la tension éclater au grand jour. Syndicaliste, ancien président du SPD, Lafontaine se voulait le représentant de l’aile traditionnelle du parti, défenseur de la justice sociale par-delà l’efficience et pourfendeur des milieux financiers et patronaux avec lesquels Schröder fut souvent accusé de trop bien s’entendre. Écarté du pouvoir, Lafontaine ne s’est pas gêné pour critiquer à répétition le " nouveau centre " de son ancien rival et pour se présenter comme la conscience démissionnaire de la gauche allemande. Ses interventions sporadiques dans les médias demeurent à ce jour une source de préoccupation pour le Chancelier, d’autant plus qu’une bonne partie des sociaux-démocrates conservent le plus grand respect pour leur ancien chef. La publication en 1999 par Oskar Lafontaine du livre à succès " Le cœur bat à gauche " (Das Herz schlägt links) a contribué à entretenir des doutes sur la conformité de la " nouveau centre de Schröder " avec les valeurs et la philosophie social-démocrates.