Extrait de l’éditorial du numéro :
« [L]a financiarisation constitue de longue date une problématique majeure et récurrente de la Revue. David Bourghelle et Pauline Hyme reviennent sur l’origine du krach pour abonder une critique forte de l’efficience des marchés. Toujours dans le domaine de la finance, Esther Jeffers traite de la question du prêteur en dernier ressort et de son actualité dans la crise. Ces articles, de même que celui de Jean-François Vidal sur les crises et transformations du modèle social-démocrate suédois, correspondent à un premier ensemble de contributions issues du Forum de la régulation de 2009. C’est un autre modèle social-démocrate, le modèle allemand qui est au cœur du propos de Christopher Lantenois. Ce dernier, en étudiant les élites managériales allemandes, met au jour un processus de financiarisation du capitalisme rhénan.
Crise de la finance et crise de la pensée économique ne sont pas sans liens. La responsabilité des économistes dans le processus de financiarisation et dans les politiques économiques d’avant et d’après-crise se pose. L’appel des économistes atterrés exprime avec vigueur cette remise en question. Son succès – plus de 2300 signataires – témoigne aussi de ce que la discipline économique n’est pas un bloc monolithique délivrant des diagnostics et des remèdes aussi objectifs que consensuels. En dépit de la domination du mainstream, c’est bien plus un champ de forces socialement et politiquement construit, traversé de multiples lignes de fracture. C’est pourquoi, nous proposons un entretien croisé de Philippe Askenazy et André Orléan — qui est aussi président de l’AFEP –, deux des initiateurs de l’appel. C’est l’occasion de revenir sur le sens de cet appel, d’examiner comment se pose la question de l’unité et de la pluralité de la discipline, y compris au sein des « atterrés » (quel pluralisme pour produire une pensée vivante, innovante et en adéquation avec les problèmes du temps ?). Un autre instigateur de l’appel, Thomas Coutrot, revient quant à lui sur l’origine de l’appel et les modalités d’un travail commun à l’échelle européenne. »
Éditorial : De la financiarisation de l’économie à l’évaluation des économistes,
Le passage du fordisme au néolibéralisme au Canada, Jean-Guy Loranger et Gérard Boismenu
Crises et transformations du modèle social-démocrate suédois, Jean-François Vidal
Direction des sociétés, modèle de reproduction des élites managériales et financiarisation du capitalisme allemand : Enseignements à partir d’un panel de vingt-cinq sociétés cotées – Christopher Lantenois
The lender of last resort concept : from Bagehot to the crisis of 2007, Esther Jeffers
Du mythe de l’efficience des marchés au krach, David Bourghelle et Pauline Hyme
Opinions - débats
« Économistes atterrés » : l’heure de l’engagement ?, Thomas Coutrot
Délocalisations : de quoi parle-t-on ? De la quantification des opérations à la qualification des processus, Christophe Carrincazeaux, Marie Coris et Alain Piveteau
Entretien avec deux « économistes atterrés » : Philippe Askenazy et André Orléan (à paraître mi-janvier), Philippe Askenazy et André Orléan
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