Les difficultés économiques auxquelles les immigrés font face sont bien connues. Les auteurs soulignent que le problème est particulièrement aigu à Montréal, où le taux de chômage chez les immigrants récents était, en 2006, de 18,1 %, donc près de trois fois plus élevé que chez les Montréalais nés au Canada. Plus frappant encore, ce taux était presque le double de celui que l’on observait à Toronto, et supérieur de plus de 50 % à celui que l’on observait à Vancouver. Il est difficile de concilier ces chiffres alarmants avec le fait que les nouveaux arrivants possèdent en général une scolarité élevée et sont en principe choisis en fonction de leur employabilité. Marie-Thérèse Chicha et Éric Charest décrivent les nombreux facteurs qui contribuent à ce sombre portrait : connaissance insuffisante du français, difficulté à faire reconnaître la formation et l’expérience acquises à l’étranger, discrimination pure et simple, etc. Pris séparément, chacun de ces obstacles est déjà difficile à surmonter ; mais, comme de plus ils se renforcent l’un l’autre, cela crée un « cercle vicieux » du chômage. Les auteurs examinent en détail les nombreux programmes mis en place par Québec pour s’attaquer à ces obstacles – guides pour la recherche d’emplois, développement des aptitudes linguistiques, formation de transition et mentorat, notamment. Toutefois, ils constatent un problème important de coordination entre les programmes, à tel point que ceux-ci entrent parfois en conflit les uns avec les autres. Les chercheurs estiment que la création d’un organisme indépendant, pour coordonner ces multiples programmes, serait « très utile ».
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Les revenus des immigrés restent très inférieurs à la moyenne
Observatoire des inégalités
En moyenne, les ménages non-immigrés perçoivent des revenus supérieurs de 46,6% à ceux des ménages immigrés. Cet écart se réduit après redistribution, mais demeure quand même élevé à 24,8%.
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États-Unis : immigration, services de garde et fécondité
Immigrant Labor, Child-Care Services, and the Work-Fertility Trade-Off in the United States
Delia Furtado et Heinrich Hock, IZA DP No. 3506, 35 pages.
Depuis les années 1960, la corrélation négative entre le taux d’emploi et le taux de fécondité des femmes américaines s’est considérablement affaiblie. Les auteurs cherchent à déterminer dans quelle mesure l’afflux aux États-Unis d’immigrés peu qualifiés au cours des dernières décennies explique le phénomène. Les données qu’ils présentent indiquent que l’immigration a effectivement tiré vers le bas les salaires dans le domaine de la garde d’enfants, permettant aux femmes américaines éduquées d’embaucher des aides domestiques immigrées à bon marché et réduisant du même coup le conflit entre la vie professionnelle et la vie familiale.
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The Effect of Minimum Wages on Immigrants’ Employment and Earnings
Pia M. Orrenius et Madeline Zavodny, IZA DP No. 3499, 43 pages.
Cette étude examine l’impact des lois sur le salaire minimum sur l’emploi et le revenu des immigrés et des natifs peu qualifiés aux États-Unis. Ils soutiennent que les législations sur le salaire minimum ont un impact moins important sur les revenus des natifs que sur ceux des immigrés, parce que ces derniers sont en moyenne moins éduqués et ont une connaissance de l’anglais et un capital social limité. L’impact du salaire minimum sur l’emploi semble quant à lui peu significatif, bien que les immigrés aient pu être découragé de s’établir dans les États où le salaire minimum était significativement plus élevé que le minimum fédéral.
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