EAPN, Bruxelles, EAPN explicatif, n° 1, 20 pages.
« Malgré la richesse générale de l’Union Européenne (UE), la pauvreté dans cette dernière se situe à un niveau relativement élevé. Près de 1 personne sur 7 est menacée par la pauvreté. Les chiffres atteignent des niveaux encore plus élevés dans certaines catégories de la population telles que celle des enfants et des personnes âgées. Néanmoins, l’étendue et la gravité du problème sont souvent mal comprises que ce soit par les décideurs ou par l’opinion publique. En conséquence, l’éradication de la pauvreté ne revêt pas l’urgence qu’elle devrait. Souvent, cela s’explique par le fait que l’on considère la pauvreté comme un phénomène à ce point extrême qu’il menace jusqu’à la vie des personnes concernées et qu’on l’associe, du fait, aux pays en voie de développement. Cependant, au sein de l’UE, la réalité est toute autre et la pauvreté demeure une problématique sérieuse qui amène la misère dans la vie de nombreuses personnes. La pauvreté est une véritable violation des droits fondamentaux des populations dont elle empêche la pleine réalisation, elle coûte cher à la société dont elle entrave la croissance économique durable. La pauvreté reflète également les disfonctionnements des systèmes qui devraient assurer une juste et équitable redistribution des ressources et des opportunités. Tous ces facteurs débouchent sur des inégalités très profondes et, par voie de conséquence, sur une fracture profonde entre une poignée de personnes extrêmement riches et d’autres dont les horizons sont limités et qui vivent dans la marginalité même si elles habitent dans une zone économiquement riche. »
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Qu’est-ce qu’être pauvre aujourd’hui en Europe ? L’analyse du consensus sur les privations
J. Accardo et T. de Saint Pol, Insee, Paris, Economie et statistique, n° 421, 26 pages.
« L’enquête Standards de vie réalisée par l’Insee en 2006 et l’Eurobaromètre 67.1 commandité en 2007 par la Commission européenne permettent d’analyser la manière dont Français et Européens se représentent la pauvreté et les privations qu’elle entraîne. La pauvreté peut en effet être définie comme le fait d’être victime d’un certain nombre de privations. On parle alors de pauvreté en « conditions de vie ». Si dans l’enquête française, la moitié des privations proposées sont jugées inacceptables par plus de 50 % des enquêtés, le consensus n’est net que sur un petit nombre de privations, témoignant d’une vision restrictive de la pauvreté limitée aux privations alimentaires sévères, aux manques fonctionnels relatifs à l’habillement, à la très mauvaise qualité du logement et aux difficultés à se soigner. Les items exprimant la privation de besoins non vitaux apparaissent moins souvent inacceptables. En France comme en Europe, les opinions sont très diverses : personne ne s’accorde sur le même panier de privations inacceptables. Les descripteurs sociodémographiques usuels n’ont qu’un faible impact sur les réponses. Ils ne permettent pas de déterminer des groupes d’enquêtés où règnerait un consensus sur une norme de pauvreté particulière très différente de la norme globale. En revanche, il existe de grandes différences entre pays. Un effet « national » se dessine ainsi, soulignant la difficulté d’utiliser la notion de pauvreté en conditions de vie dans les comparaisons internationales. »
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