Les départs à la retraites en Europe : déterminants individuels, déterminants sociaux
Les Français et les retraites.
Vague 2 - Rapport d’étude. Caisse nationale d’assurance vieillesse (France), Sondage réalisé par LH2
« Dans un contexte d’incertitude quant à l’avenir du régime des retraites, la CNAV a souhaité consulter les Français afin de connaître leur avis sur le système actuel de retraite par répartition, mesurer la notoriété de l’Assurance Retraite, connaître leurs attentes, savoir comment les Français préparent leur retraite. Cette enquête LH2 est la deuxième vague d’un baromètre, dont la première a été menée en octobre 2008. Ses principaux enseignements :
concernant l’âge de départ à la retraite, les Français sont pessimistes avec un décalage entre l’âge idéal et l’âge contraint de départ en retraite, l’âge moyen idéal pour prendre sa retraite se situant à 57 ans, l’âge jusqu’auquel les Français sont prêts à travailler pour percevoir une bonne retraite passant à 62 ans, alors qu’ils estiment qu’ils devront travailler en moyenne jusqu’à 64 ans.
parmi la population non-retraitée, 2 personnes sur 5 ont commencé à préparer leur retraite, une préparation qui débute avant 50 ans dans la majorité des cas (76 %)
une baisse de la confiance dans le système de retraite actuel est constatée entre les deux vagues, avec 64 % (contre 61 % en 2008) de personnes n’ayant pas confiance dans la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus
- plus de la moitié des Français juge le système de retraite non solide et non fiable, non équitable, 64 % souhaitant le préserver en le réformant (seuls 7 % souhaitent l’abandonner au profit d’un système d’épargne individuel)
sur des mesures pour conserver ce système, 47 % des personnes interrogées se sont dites d’accord pour "cotiser davantage" (54 % en 2008), 42 % pour "travailler plus longtemps" (contre 50 %), et 18 % pour "percevoir une plus petite retraite".
plus étonnant, 32 % seulement des Français savent que l’Assurance Retraite est la retraite de la sécurité sociale alors qu’un quart pense qu’il s’agit d’un système de retraite privé et 2 sur 5 déclarent ne pas savoir de quoi il s’agit !
6 Français sur 10 ont une bonne opinion de l’Assurance Retraite, un chiffre qui monte chez les retraités et les plus de 55 ans
- comme en 2008, les Français privilégient l’accueil physique personnalisé parmi les services proposés, loin devant le courrier annuel et Internet. »
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Partir à la retraite en Europe : déterminants individuels et rôle de la protection sociale
Thierry Debrand, Nicolas Sirven, Questions d’économie
de la santé
n° 148,
« En Europe, les comportements de passage à la retraite des seniors sont comparables et reposent à la fois sur des facteurs individuels – âge, sexe, niveau d’éducation et état de santé – et des facteurs contextuels, tels que les situations familiale et professionnelle. Outre ces facteurs explicatifs habituels, l’analyse présentée ici met l’accent sur le rôle des systèmes de protection sociale. Elle montre que les trois volets de la protection sociale (emploi, retraite, maladie) expliquent, pour une grande part, l’hétérogénéité du taux d’emploi des seniors en Europe, qui varie de 34 % en Italie à 70 % en Suède.
Toute politique publique visant à favoriser l’activité des seniors en Europe devrait donc tenir compte non seulement de la complexité des déterminants des décisions individuelles mais aussi de l’ensemble des systèmes de protection sociale, et non uniquement ceux liés à la retraite. »
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What are the Motivations of Pathways to Retirement in Europe : Individual, Familial, Professional Situation or Social Protection systems ?
Debrand T., Sirven N., Document de travail de L’IRDES, n° 28.
« L’objectif de cette recherche consiste à appréhender le processus de départ à la retraite des
seniors et de mieux comprendre les différences entre les pays européens, au regard des
différentes dimensions – individuelle, familiale, professionnelle, et institutionnelle – qui sont
susceptibles d’influencer l’offre de travail. Pour cela, nous utilisons les données longitudinales
de l’enquête SHARE (2004-2006) complétées par des séries macroéconomiques provenant de
l’OCDE et décrivant trois systèmes de protection sociale (emploi, retraite et santé).
L’identification des déterminants de l’emploi a été menée simultanément en termes de « stock »
(la participation à l’emploi des seniors en 2004) et de « flux » (transition emploi-retraite entre
2004-2006). Des indices permettant de mesurer le rôle des différentes dimensions dans
l’explication des différences entre les pays ont ensuite été développés. Les résultats sont de
trois ordres : (1) les déterminants de la participation à l’emploi et du passage à la retraite sont
nombreux et multi-dimensionnels. (2) Chaque élément de la protection sociale (emploi, retraite
et santé) influe sur l’emploi des seniors. Il semble exister une complémentarité entre ces
différents systèmes. (3) L’explication des différences entre les pays en ce qui concerne la
participation à l’emploi et le passage à la retraite trouve son origine principalement dans les
déterminants institutionnels. Dès lors, toute politique publique qui aurait pour but une
augmentation du taux d’emploi des seniors devrait reposer sur ces deux postulats :
premièrement, elles doivent tenir compte de la complexité des déterminants de la décision des
individus et de leurs interactions ; deuxièmement, les principaux facteurs de convergence au
sein de l’Europe sont à rechercher dans les différences systémiques. »
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