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Note synthèse

  Mexique : Licenciements, délocalisations, zones franches

dernière mise à jour : 5 avril 2007




Maquiladoras. Les maquiladoras sont devenues un élément fondamental de l’économie mexicaine, surtout dans les États limitrophes avec les États-Unis. En 2000, diverses études en dénombraient 3000, employant un million de personnes. La disparition depuis le premier janvier 2001, programmée par l’ALENA, de certains privilèges tarifaires qui ont propulsé ces zones mettent cependant en doute leur avenir. En mai 2002, alors ministre mexicain de l’Économie, Luis Ernesto Derbez, en prédisait le déclin rapide.

Le niveau d’emploi dans les zones mexicaines, qui était passé de 446 000 en 1990, à 1 285 000 en 2000 s’est replié à 1 086 000 en mai 2002, notamment à cause de la compétition chinoise. Le roulement est important parmi les entreprises. Un rapport de novembre 2002 du Bureau international du travail note que chaque année depuis 10 ans, 35 entreprises ferment leurs portes dans les maquilas, aussitôt remplacées par un nombre équivalent.

En 2004, on note une remontée de l’emploi dans l’industrie des maquiladoras d’exportation de 7 % par rapport au niveau registré en 2003. Selon l’Institut national de statistique, géographie et informatique , l’industrie employait, en novembre 2004, 1 140 153 personnes. Les secteurs d’activité qui ont le plus contribué à cette augmentation sont l’industrie chimique (23.4 %) et le secteur des services (23.1%). À l’inverse, le secteur de l’assemblage des jouets, des articles sportifs, de la fabrication de chaussures et l’industrie du cuir ont vu diminuer leur niveau d’emploi de 12.7% et de 12.4% respectivement. L’utilisation de main-d’œuvre dans les maquiladoras s’est accrue à Sonora (16.3 %), Jalisco (13.6 %), Yucatán (13.5 %), Nuevo León (10.4 %) et Baja California (10.2 %) ; elle a par contre diminué de 43.2% à l’Estado de Mexico et de 24.2% à Zacatecas. Bien que la moyenne des heures travaillées a augmenté de 6.7 % à taux annuel en novembre, la rémunération moyenne réelle par personne a diminué de 4.1%. Les prestations sociales ont également baissé de 8.4 %. Le salaire des techniciens de production a diminué de 3.1%, celui des ouvriers de 1.6% et celui des employés de 1.1 %.

L’optimisme quant à la capacité du secteur maquiladora à créer des emplois a de plus été ombragé par la croissance des exportations chinoises aux États-Unis. En 2002, la Chine a remplacé le Mexique comme le deuxième plus grand exportateur aux États-unis :

Mexico’s exports to its powerful northern neighbour totalled 143.23 billion dollars between January and November of 2004, an amount 25 percent lower than China’s sales during the same period, despite the fact that the Asian nation is much farther away and has no free trade agreement with the United States.

La réglementation qui gouverne les maquiladoras ne relève pas du fédéral mais de chacun des États (surtout ceux de Basse Californie, de Sonora, de Chihuahua, de Coahuila, de Nuevo Leon et de Tamaulipas) ainsi que des commissions de conciliation et d’arbitrage (CCA), de compétence régionale. La Loi fédérale du travail exige cependant que les maquiladoras obtiennent la permission du conseil du CCA pour fermer un établissement (le travailleur a le droit de conserver un emploi pendant un certain temps).

La question des infractions aux droits fondamentaux du travail dans les maquiladoras est constamment posée par les organisations syndicales et les ONG, comme en fait foi la liste par l’organisme français L’Observatoire des transnationales. À plusieurs reprises, le réseau canadien de solidarité avec les travailleurs, le Maquila Solidarity Network (MSN), a porté plainte auprès du Bureau administratif national du Canada, établi dans le cadre de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANACT). Les conditions du travail dans les maquiladoras sont souvent scandaleuses. Une étude réalisée par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a dévoilé des pratiques d’embauche honteuses dans les usines d’électronique à Guadalajara.

Lutte contre la corruption. Au niveau des valeurs et de la culture, par exemple, diverses études s’intéressent à ce que des acteurs sociaux mexicains (quelques représentants syndicaux et des patrons) appellent une « nouvelle culture du travail au Mexique ». Cette nouvelle « façon de voir le travail » lancée en 1995, élimine en principe les vieilles pratiques de corruption, d’impunité et d’insécurité, pour y substituer dix principes qui reconnaissent la valeur du travail et la dignité des personnes. Cette déclaration de bonnes intentions est cependant difficilement applicable à court terme.

D’autres études s’intéressent à des changements moins généraux. Par exemple, en ce qui a trait au secteur syndical, des auteurs comme Hathaway (2001) affirment que l’entrée du Mexique dans l’ALÉNA a déclenché des tentatives pour construire ce que l’auteur qualifie de « syndicats authentiques » (en opposition aux « syndicats subordonnés, qui acceptaient des conventions collectives protectrices des intérêts patronaux »). Si cet argument était confirmé, il serait possible de soutenir la thèse que l’entrée du Mexique dans l’ALÉNA a déclenché des changements dans son système de représentation politique.

Enfin, il existe les analyses spécifiques qui établissent un lien entre le traité de libre-échange et l’application de politiques publiques concrètes. Par exemple, au niveau du marché de travail, le gouvernement mexicain aurait établi des politiques destinées à promouvoir les PMEs (au niveau régional) comme conséquence de l’ALÉNA.





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