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Note synthèse

  Brésil : Lutte contre la pauvreté

dernière mise à jour : 8 mars 2007


Les contours du problème. Au Brésil, le taux de pauvreté, de 37% en 1999-2001 selon un calcul fondé sur un panier de consommation, reste nettement supérieur à celui de ses voisins du Chili (20%) et de l’Argentine (30%, avant la crise de 2002). Environ 15% des Brésiliens vivent dans des conditions d’indigence.

L’action de Cardoso. Faisant face à une nouvelle augmentation de la pauvreté après 1998 (après un tassement dans la période 94-98) l’administration Cardoso avait lancé un Fonds national contre la pauvreté fort d’un budget de 45 milliards de reais. Il avait entre autres introduit en 2001 Projecto Alvorada visant une amélioration des conditions de vie dans 14 des zones les plus pauvres du pays, avec un financement de 11,6 milliards de reals par an. Une autre action visait l’amélioration des infrastructures sociales dans les régions pauvres.



Les contours du problème. Au Brésil, le taux de pauvreté, de 37% en 1999-2001 selon un calcul fondé sur un panier de consommation, reste nettement supérieur à celui de ses voisins du Chili (20%) et de l’Argentine (30%, avant la crise de 2002). Environ 15% des Brésiliens vivent dans des conditions d’indigence1.

L’importance de la population recensée comme pauvre, voire indigente, n’est pas, au Brésil, le reflet du niveau de vie moyen du pays, mais celui d’un problème distributif : dans les pays disposant d’un revenu par habitant comparable (6800 dollars par habitant en parité de pouvoir d’achat), la proportion de pauvres n’est en moyenne que de 10%.

« Le Brésil n’est pas un pays sous-développé, c’est une société injuste » disait l’ex-président Cardoso. Différents indicateurs d’inégalité convergent, depuis des décennies, pour faire du Brésil le pays le plus inégalitaire du monde aux côtés de l’Afrique du Sud (Lam, 1999), très au-dessus de pays comparables non seulement en Asie, mais aussi en Amérique latine.

Il existe trois grandes inégalités :

- L’inégale répartition des revenus entre personne en général, entre régions mais aussi entre générations et dans tous les milieux (ruraux et urbains).
- La migration des campagnes vers les villes qui entraîne une hausse du chômage.
- La difficulté d’insertion professionnelle des diplômés.

Le Brésil affiche un des taux d’inégalités économiques (rémunérations, revenus, et patrimoine) les plus élevés au monde : les 10 % de Brésiliens les plus riches détiennent quatre fois et demie plus de richesses que les 40 % les plus pauvres.

Les sociétés d’Amérique du Sud et des Caraïbes sont particulièrement inégalitaires. Au regard des standards latino-américains, le Brésil a toutefois un niveau d’inégalités bien supérieur encore à la moyenne du sous-continent, avec par exemple un indice de Gini plus élevé d’un tiers par rapport à l’Argentine et supérieur à celui du Chili. De ce point de vue, les spécificités de la colonisation pèsent lourd, le Brésil ayant été le principal pays esclavagiste de la région.

L’action de Cardoso. Faisant face à une nouvelle augmentation de la pauvreté après 1998 (après un tassement dans la période 94-98) l’administration Cardoso avait lancé un Fonds national contre la pauvreté fort d’un budget de 45 milliards de reais. Il avait entre autres introduit en 2001 Projecto Alvorada visant une amélioration des conditions de vie dans 14 des zones les plus pauvres du pays, avec un financement de 11,6 milliards de reals par an. Une autre action visait l’amélioration des infrastructures sociales dans les régions pauvres.

L’accès à l’éducation constituant le meilleur outil pour améliorer la mobilité sociale, le gouvernement Cardoso a, en 1997, mis en place le programme « Alfabetização Solidária » visant à enrayer l’illettrisme chez les adultes. En 1999, ce dispositif était complété par d’importants programmes de transferts, sous conditions de ressources et conditionnels à l’éducation des enfants (« Bolsa Escola », offrant une allocation forfaitaire de 15 R$ par enfant issu d’une famille pauvre, à, condition qu’il fréquente l’école primaire) ou à l’arrêt du travail des enfants (« PETI »). Mais le « rendement » de l’éducation en termes de revenus, s’il reste élevé au Brésil comparé aux pays voisins, a diminué au cours des deux dernières décennies.

L’action du gouvernement Lula. Pour réduire sensiblement le taux de pauvreté, une croissance plus forte en même temps que des politiques sociales actives et plus efficaces que par le passé sont apparues comme nécessaires. La restauration des conditions de la croissance et la réduction de la pauvreté furent bien les priorités affichées par le Président Lula da Silva, arrivé au pouvoir en janvier 2003, qui annonça également un renouvellement des politiques sociales.

Dans la pratique, la stratégie de son gouvernement reposa sur une conditionnalité accrue de l’aide au plan individuel et sur un ciblage plus fort de la politique de redistribution. A l’image des transferts de revenus à caractère social, ces programmes ont suivi un cheminement accidenté et ont donné des résultats limités5.

Le programme Faim Zéro. L’action du gouvernement s’est concentrée sur des mesures ciblées et compensatoires au détriment de politiques sociales universalistes, à l’image du programme « Faim Zéro », fondé sur le transfert conditionnel de revenu. Les détails du programme pilote furent rendus publics le 30 janvier 2003. Un nouvel organisme, le Conseil de Sécurité National de l’Alimentation (CONSEA) en coordonna l’action.

Pièce maîtresse de la campagne électorale de Lula da Silva, le programme Faim Zéro est censé assurer, à terme, trois repas quotidiens à 9,3 millions de familles très nécessiteuses en leur délivrant mensuellement, selon leurs revenus et le nombre de leurs enfants, l’équivalent d’une trentaine d’euros au maximum. A ces versements devaient s’ajouter, ponctuellement, des distributions ciblées d’aliments ou d’eau. En contrepartie, les parents sont tenus de scolariser leurs enfants et de tenir à jour leurs vaccinations élémentaires. Le programme d’origine incluait une série de mesures, telles que des subventions pour les achats d’aliments, des cours d’alphabétisation, la construction de réservoirs d’eau ainsi que plusieurs autres visant à développer une agriculture locale de subsistance et à créer de l’emploi.

Au cours des premiers mois du programme, plusieurs problèmes liés à sa mise en oeuvre sont survenus. Entre autres, des conflits sont apparus entre les différents ministères impliqués dans l’administration du programme. Outre les difficultés logistiques ; le principal problème du programme demeure le sous-financement. Le programme n’a pas reçu tout l’argent indispensable pour son exécution, les dépenses publiques étant limitées par les mesures d’austérité adoptées par l’administration Lula. Fin décembre 2003, « Faim zéro » ne concernait que les deux tiers des communes dans lesquelles il aurait dû être appliqué à cette date. Et là où il était entré en vigueur, il connaissait d’importants dysfonctionnements. Il a été démontré que, dans les zones arides du Nord-Est, 10 % des bénéficiaires percevaient cette aide publique frauduleusement.La réforme de septembre 2003 - Les difficultés d’instauration du programme ont amené le gouvernement à le modifier sensiblement, en fusionnant en un seul programme, le 30 septembre 2003, les 4 principaux programmes de transferts sociaux aux personnes pauvres : Fome Zero ; Bolsa Escola, qui offre un revenu minimal en échange de la présence des enfants à l’école ; Bolsa Alimentação, pour les familles avec enfants d’âge préscolaire et Auxílio Gás, qui aide à payer la facture énergétique. Bourse famille » (« Bolsa Familia ») est le nom qui a été donné au regroupement de ces différents plans d’aide sociale à la famille du gouvernement brésilien.

Dans le nouveau régime, toutes les familles dont le revenu est de moins de 100 reais par mois (moins de la moitié du salaire minimum) ont droit à un supplément de revenu variable selon le nombre d’enfants, jusqu’à concurrence de 95 reais, toujours à condition que les enfants d’âge scolaire soient présents en classe. Le paiement est accordé à la mère, par le moyen d’une carte magnétique valide pour un an qui lui permet de faire des achats à son gré (donc pas seulement pour la nourriture, comme le voulait la précédente version de Fome Zero).

Selon les données du gouvernement brésilien, en 2004, 6,5 millions de familles ont bénéficié de ce programme dans 5533 Communes pour un montant de 5,2 milliards de reais. Parallèlement, a été mise en place une base de données d’immatriculation unique des bénéficiaires des divers programmes sociaux existants.





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