La note de veille n° 109 du Centre d’analyse stratégique, 8 pages.
Il existe bien un modèle social proprement européen, caractérisé par un haut niveau de protection des personnes contre les aléas de l’existence. La mondialisation menace-t-elle vraiment le modèle social de la vieille Europe ? A cette question, le Centre d’analyse stratégique répond que cela dépend des volets du modèle qui paraissent a priori les plus susceptibles de faire les frais de la redistribution des productions et des flux de marchandises et de capitaux à travers le monde, à savoir la protection sociale et la protection de l’emploi . L’analyse montre en effet que la protection sociale n’est pas directement menacée, si elle sait s’adapter, tout simplement parce qu’elle ne constitue pas un handicap compétitif pour les économies européennes. D’ailleurs, le niveau de protection sociale ne recule pas en Europe. Il reste élevé aussi bien en matière de sécurité sociale que de sécurité professionnelle et aucune tendance à la baisse ne se fait jour. La protection de l’emploi paraît en revanche plus sérieusement exposée, moins par la confrontation directe des coûts de production sur les marchés mondiaux que par la transformation des systèmes productifs européens eux-mêmes qui remet en cause la norme d’emploi stable. La présente note du Centre d’analyse stratégique explore le premier volet portant sur la protection sociale. L’observation suggère que des coupes dans la protection sociale ne réduiraient pas significativement les coûts salariaux dans les pays de l’UE. Pour autant, rien n’est garanti pour l’avenir. Les systèmes européens doivent relever d’autres défis, internes, dont le moindre n’est pas celui posé par le vieillissement démographique.
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Pour une vision réaliste et plurielle de la mondialisation
Jean-François Bernardin, Conseil économique et social, 63 pages.
La France fait partie des pays occidentaux qui ont marqué l’évolution politique du monde et l’histoire de la pensée. Elle a participé aux grands courants d’échanges économiques, sans avoir été pour autant une nation de commerçants aussi ouverte sur le monde que le Royaume-Uni ou les Pays-Bas. Elle peut être légitimement fière de son passé, mais il n’en demeure pas moins que, depuis quelque vingt-cinq années, le contexte international dans lequel elle doit désormais évoluer a profondément changé. Mutations technologiques et économiques, accélération des échanges, émergence de nouvelles puissances et de nouveaux acteurs - fonds souverains, entreprises multinationales - sont autant de facteurs concourant à façonner un monde globalisé. La mondialisation bouleverse les équilibres internes et remet en cause les positions acquises. Face à ces mutations, les Français s’interrogent et expriment leurs craintes sur leur devenir professionnel mais aussi sur la pérennité du « modèle social français ». Reste que la mondialisation est devenue une réalité incontournable : la France ne peut qu’en être partie prenante non seulement pour en tirer profit, préparer l’avenir mais également pour influer sur son cours.
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