Note synthèse
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Croissance économique
en Amérique latine et le Caraïbe 2003-2005 |
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2003 |
2004 |
2005 |
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Argentine |
8,7 |
8,2 |
5,0 |
Brésil |
0,6 |
5,2 |
4,0 |
Chili |
3,3 |
5,8 |
6,0 |
Amérique latine |
1,9 |
5,5 |
4,0 |
Caraïbe |
3,4 |
4,3 |
4,0 |
Amérique latine et Caraïbe |
1,9 |
5,5 |
4,0 |
Traitement du chômage. L’Argentine dispose d’un système d’assurance-chômage qui est, en principe, relativement plus développé par rapport à d’autres pays de la région. En effet, les travailleurs contractuels argentins qui contribuent au Fonds national d’emploi ont droit en théorie à une assurance chômage. Créé en 1967 uniquement pour les travailleurs de la construction et transformé en 1991 en programme d’assurance sociale, le système ne peut pas être cumulé avec d’autres prestations sociales. Il prévoit une allocation, octroyée pour un maximum de 12 mois, équivalant à 60% du salaire le plus élevé reçu par le travailleur pendant les six mois antérieurs à sa mise au chômage. Cependant, dans un contexte d’urgence économique, où le paiement des salaires n’est même pas acquis, les droits théoriquement garantis par ce type de lois sont difficilement respectés dans les faits.
Seulement 60 000 personnes bénéficient aujourd’hui de l’assurance-chômage ; ce chiffre est surprenant quand on considère que le nombre de personnes sans emploi est estimé à plus de un million et demi. Le décalage entre le nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage et les personnes sans emploi s’explique par, d’un part, la rigidité des exigences lors d’une demande de subvention et, d’autre part, la quantité des travailleurs au noir qui n’ont pas accès à ce type de prestations lors d’un licenciement. Au moment de la réunion du « Conseil de l’emploi, la productivité et le salaire » de 2005, le débat sur l’élargissement de la couverture de l’assurance chômage aux travailleurs au noir a été présent, mais rien n’a encore été défini.
Politiques de revenu minimum garanti et d’insertion en emploi. Face à l’augmentation du chômage, le gouvernement a lancé un programme d’octroi d’une subvention mensuelle de 150 pesos à chaque chef de famille au chômage, soit environ 80 dollars canadiens par mois (Gonzalez et Menendez, 2002 : 17). Vers la fin de 2002, le programme des Chefs (hommes et femmes) de famille (JJH), qui comptait déjà plus de 2 millions de bénéficiaires et un budget annuel de 3,6 milliards de pesos, constituait un des piliers de l’action sociale du gouvernement d’Eduardo Duhalde, même si le montant de la subvention est largement insuffisant pour combler les besoins mensuels d’une famille.
Le gouvernement Duhalde a tenté de transformer le programme des Chefs (hommes et femmes) de famille (JJH) en une stratégie de lutte contre le chômage. L’idée, énoncée en janvier 2003, était de faire en sorte que sur les deux millions de bénéficiaires de la subvention de 150 pesos, 400 000 puissent travailler dans une PME. Le gouvernement continuait à octroyer la subvention, laquelle pouvait être déduite par le petit entrepreneur, qui devait donc payer seulement le différentiel pour compléter le salaire (négocié préalablement). Le plan, appelé Retour au travail, prévoyait une étape de réinsertion de six mois, après laquelle le bénéficiaire devenait un employé. Le petit entrepreneur pouvait alors embaucher de nouveaux bénéficiaires du JJH.
Il y a eu, cependant, plusieurs problèmes dans l’administration de ces programmes. D’abord, ce ne sont pas seulement les petits entrepreneurs qui ont pu en profiter. Deuxièmement, beaucoup d’entreprises ont mis à pied leurs employés permanents pour les remplacer par des bénéficiaires du programme, réduisant ainsi leurs dépenses de main-d’œuvre. Troisièmement, certains fonctionnaires municipaux se sont servis des fonds du programme JJH pour maintenir leurs réseaux clientélistes. Le gouvernement de Kirchner a remplacé le programme « Retour au travail » par celui de « Más y Mejor Trabajo » qui vise à corriger ces problèmes. Pour être éligible à ce nouveau programme, une entreprise ne peut licencier aucun de ses employés pendant les 3 mois qui précèdent la soumission de sa demande. De plus, l’entreprise doit s’engager à embaucher le ou la bénéficiaire après 8 mois de travail et à payer ses contributions au système de sécurité sociale. En retour, le gouvernement fournira aux entrepreneurs des services d’aide technique et de formation.
En octobre 2003, le gouvernement de Kirchner a annoncé qu’il maintiendrait le programme JJH pour le reste de l’année sans augmenter le nombre de prestataires. En 2004, par contre, les fonds du JJH seront utilisés pour financer son programme de travaux publics. Ainsi, les bénéficiaires du JJH seront engagés pour travailler sur les projets de travaux publics, ce qui se fait déjà à travers le Programme fédéral de réactivation pour les travaux du Fonds national d’habitation. Ce dernier devrait créer quelques 60 000 postes de travail dans le secteur de la construction.
Trois ans après la mise en place du « Plan Jefes y Jefas de Hogar » , le ministre du travail, Carlos Tomada, examine la possibilité de transformer ce système d’aides en une assurance emploi à durée limitée. L’idée centrale du projet est de passer d’une mesure d’urgence à une mesure d’aide temporaire qui a pour but la réinsertion des travailleurs au marché du travail. Nonobstant, il reste à voir si c’est la voie vers un système de protection sociale aux chômeurs plus efficace.