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Note synthèse

  Argentine : Politique du travail et de l’emploi

dernière mise à jour : 8 mars 2007


Niveau de chômage. Le problème de la pénurie d’emplois en Argentine est un phenomène relativement nouveau. Selon les chiffres de l’Institut national de statistiques et de recensement (INDEC), il s’agit d’un phénomène relativement nouveau pour l’Argentine. En effet, entre 1974 et 1993, le taux de chômage s’était toujours maintenu en deçà de 10 % (en 1977, il n’était que 2,7 %). Cependant, à partir de 1994, le taux a commencé à monter, atteignant 18,4 % en mai 1995. Entre mai 1995 et octobre 1998, il est descendu à 12,4 %, pour ensuite remonter jusqu’à son niveau record de 21,5 % en mai 2002.

Niveau de chômage. Le problème de la pénurie d’emplois en Argentine est un phenomène relativement nouveau. Selon les chiffres de l’Institut national de statistiques et de recensement (INDEC), il s’agit d’un phénomène relativement nouveau pour l’Argentine. En effet, entre 1974 et 1993, le taux de chômage s’était toujours maintenu en deçà de 10 % (en 1977, il n’était que 2,7 %). Cependant, à partir de 1994, le taux a commencé à monter, atteignant 18,4 % en mai 1995. Entre mai 1995 et octobre 1998, il est descendu à 12,4 %, pour ensuite remonter jusqu’à son niveau record de 21,5 % en mai 2002.

L’augmentation du taux de chômage est directement ou indirectement attribuable aux réformes néolibérales adoptées par le gouvernement de Menem. Des centaines de milliers d’emplois ont été éliminées dans la fonction publique quand l’administration Menem a procédé à la réduction de la taille de l’État. Quelques centaines de milliers d’emplois ont aussi disparu suite à la privatisation des entreprises publiques. Ensuite, les politiques de libéralisation commerciale et le plan de parité du peso avec le dollar américain (qui faisait en sorte que les producteurs argentins opéraient dans une économie dollarisée « de facto ») ont conduit beaucoup de producteurs argentins au bord de la faillite. Ceci s’est traduit par la perte de milliers d’emplois dans le secteur industriel du pays.

Cette évolution explique en partie, d’une part, pourquoi les brefs cycles de réactivation économique (1989-1990 et 1995-1998) n’ont pas provoqué une diminution du taux de chômage et d’autre part, comment le pays est entré en récession en 1999. En effet, peu d’emplois implique peu de revenus, c’est-à-dire peu de consommation et conséquemment, peu de demande. En bref, une diminution de la production était à prévoir dans le contexte argentin, surtout si on prend en considération que le secteur industriel ne pouvait pas compenser la baisse de la demande interne par une hausse de la demande externe, étant donné le renchérissement des exportations provoqué par la parité du peso avec le dollar. À partir de 1999, le PIB argentin n’a pas cessé de se contracter : -3,4% en 1999, -0,8% en 2000, -4,4% en 2001 et environ -11% en 2002 (sur la base des prix de 1995) (CEPAL, 2002 : 107). Le cercle vicieux étant enclenché, il est presque impossible de générer de nouvelles sources d’emplois stables.

Depuis l’arrivée de Kirchner les chiffres du chômage commencent à se reverdir. Ainsi, en 2003, le taux de chômage est tombé à 17.3%, et en 2004 à 13.8% . Les femmes et les jeunes sont les plus susceptibles de se retrouver sans emploi .

La remontée de la croissance économique peut expliquer cette amélioration dans le secteur de l’emploi. Tel que mentionné avant, en 2003, le PNB a cessé de diminuer pour la première fois depuis 1999, il a augmenté de 8,7 % et en 2004 de 8,2% . Pour l’année 2005, le chiffre attendu est de 6 % .

Quelques critiques remarquent que cette croissance en Argentine et dans le reste de la région latino-américaine est plutôt le résultat de la croissance mondiale que l’effet des changements à l’intérieur des différents pays.

Croissance économique en Amérique latine et le Caraïbe 2003-2005
2003
2004
2005
Argentine
8,7
8,2
5,0
Brésil
0,6
5,2
4,0
Chili
3,3
5,8
6,0
Amérique latine
1,9
5,5
4,0
Caraïbe
3,4
4,3
4,0
Amérique latine et Caraïbe
1,9
5,5
4,0

Traitement du chômage. L’Argentine dispose d’un système d’assurance-chômage qui est, en principe, relativement plus développé par rapport à d’autres pays de la région. En effet, les travailleurs contractuels argentins qui contribuent au Fonds national d’emploi ont droit en théorie à une assurance chômage. Créé en 1967 uniquement pour les travailleurs de la construction et transformé en 1991 en programme d’assurance sociale, le système ne peut pas être cumulé avec d’autres prestations sociales. Il prévoit une allocation, octroyée pour un maximum de 12 mois, équivalant à 60% du salaire le plus élevé reçu par le travailleur pendant les six mois antérieurs à sa mise au chômage. Cependant, dans un contexte d’urgence économique, où le paiement des salaires n’est même pas acquis, les droits théoriquement garantis par ce type de lois sont difficilement respectés dans les faits.

Seulement 60 000 personnes bénéficient aujourd’hui de l’assurance-chômage ; ce chiffre est surprenant quand on considère que le nombre de personnes sans emploi est estimé à plus de un million et demi. Le décalage entre le nombre de bénéficiaires de l’assurance chômage et les personnes sans emploi s’explique par, d’un part, la rigidité des exigences lors d’une demande de subvention et, d’autre part, la quantité des travailleurs au noir qui n’ont pas accès à ce type de prestations lors d’un licenciement. Au moment de la réunion du « Conseil de l’emploi, la productivité et le salaire » de 2005, le débat sur l’élargissement de la couverture de l’assurance chômage aux travailleurs au noir a été présent, mais rien n’a encore été défini.

Politiques de revenu minimum garanti et d’insertion en emploi. Face à l’augmentation du chômage, le gouvernement a lancé un programme d’octroi d’une subvention mensuelle de 150 pesos à chaque chef de famille au chômage, soit environ 80 dollars canadiens par mois (Gonzalez et Menendez, 2002 : 17). Vers la fin de 2002, le programme des Chefs (hommes et femmes) de famille (JJH), qui comptait déjà plus de 2 millions de bénéficiaires et un budget annuel de 3,6 milliards de pesos, constituait un des piliers de l’action sociale du gouvernement d’Eduardo Duhalde, même si le montant de la subvention est largement insuffisant pour combler les besoins mensuels d’une famille.

Le gouvernement Duhalde a tenté de transformer le programme des Chefs (hommes et femmes) de famille (JJH) en une stratégie de lutte contre le chômage. L’idée, énoncée en janvier 2003, était de faire en sorte que sur les deux millions de bénéficiaires de la subvention de 150 pesos, 400 000 puissent travailler dans une PME. Le gouvernement continuait à octroyer la subvention, laquelle pouvait être déduite par le petit entrepreneur, qui devait donc payer seulement le différentiel pour compléter le salaire (négocié préalablement). Le plan, appelé Retour au travail, prévoyait une étape de réinsertion de six mois, après laquelle le bénéficiaire devenait un employé. Le petit entrepreneur pouvait alors embaucher de nouveaux bénéficiaires du JJH.

Il y a eu, cependant, plusieurs problèmes dans l’administration de ces programmes. D’abord, ce ne sont pas seulement les petits entrepreneurs qui ont pu en profiter. Deuxièmement, beaucoup d’entreprises ont mis à pied leurs employés permanents pour les remplacer par des bénéficiaires du programme, réduisant ainsi leurs dépenses de main-d’œuvre. Troisièmement, certains fonctionnaires municipaux se sont servis des fonds du programme JJH pour maintenir leurs réseaux clientélistes. Le gouvernement de Kirchner a remplacé le programme « Retour au travail » par celui de « Más y Mejor Trabajo » qui vise à corriger ces problèmes. Pour être éligible à ce nouveau programme, une entreprise ne peut licencier aucun de ses employés pendant les 3 mois qui précèdent la soumission de sa demande. De plus, l’entreprise doit s’engager à embaucher le ou la bénéficiaire après 8 mois de travail et à payer ses contributions au système de sécurité sociale. En retour, le gouvernement fournira aux entrepreneurs des services d’aide technique et de formation.

En octobre 2003, le gouvernement de Kirchner a annoncé qu’il maintiendrait le programme JJH pour le reste de l’année sans augmenter le nombre de prestataires. En 2004, par contre, les fonds du JJH seront utilisés pour financer son programme de travaux publics. Ainsi, les bénéficiaires du JJH seront engagés pour travailler sur les projets de travaux publics, ce qui se fait déjà à travers le Programme fédéral de réactivation pour les travaux du Fonds national d’habitation. Ce dernier devrait créer quelques 60 000 postes de travail dans le secteur de la construction.

Trois ans après la mise en place du « Plan Jefes y Jefas de Hogar » , le ministre du travail, Carlos Tomada, examine la possibilité de transformer ce système d’aides en une assurance emploi à durée limitée. L’idée centrale du projet est de passer d’une mesure d’urgence à une mesure d’aide temporaire qui a pour but la réinsertion des travailleurs au marché du travail. Nonobstant, il reste à voir si c’est la voie vers un système de protection sociale aux chômeurs plus efficace.





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