Quelques données synthétiques :
Population Economique Active : 87.787.660 (IBGE:2003)
Taux de chômage : 10,8% (IBGE) - São Paulo : 18,9%
SMIC : R$ 300 - RJ (R$ 240,00)
Cesta Básica (Panier de la Ménagère) : R$ 236,43 (Rio de Janeiro) ; R$ 173,53 (São Paulo)
Points négatifs : sous conditions de travail, bas salaires, travail d’enfants, semi esclavage
Tendances : reprise du chômage et augmentation de l’emploi informel (travail au noir ou autonome)
Chômage persistant et exclusion du marché du travail. En matière de lutte contre le chômage, les mesures des du gouvernement Cardoso se sont réduites à la création de fronts d’urgences (emplois publics peu rémunérés, aides au micro-crédit, etc.) et aucun résultat efficace n’a eu lieu. Aujourd’hui, les démographes brésiliens estiment qu’il faudrait créer 1,6 millions de postes de travail chaque année pour absorber les nouvelles cohortes de jeunes adultes arrivant sur le marché du travail. On comprend, dans ce cadre, pourquoi la question de la création d’emplois, menée sur fonds de croissance du chômage, a dominé la campagne électorale de 2002.
Quelques données synthétiques :
Population Economique Active : 87.787.660 (IBGE:2003)
Taux de chômage : 10,8% (IBGE) - São Paulo : 18,9%
SMIC : R$ 300 - RJ (R$ 240,00)
Cesta Básica (Panier de la Ménagère) : R$ 236,43 (Rio de Janeiro) ; R$ 173,53 (São Paulo)
Points négatifs : sous conditions de travail, bas salaires, travail d’enfants, semi esclavage
Tendances : reprise du chômage et augmentation de l’emploi informel (travail au noir ou autonome)
Chômage persistant et exclusion du marché du travail. En matière de lutte contre le chômage, les mesures des du gouvernement Cardoso se sont réduites à la création de fronts d’urgences (emplois publics peu rémunérés, aides au micro-crédit, etc.) et aucun résultat efficace n’a eu lieu. Aujourd’hui, les démographes brésiliens estiment qu’il faudrait créer 1,6 millions de postes de travail chaque année pour absorber les nouvelles cohortes de jeunes adultes arrivant sur le marché du travail. On comprend, dans ce cadre, pourquoi la question de la création d’emplois, menée sur fonds de croissance du chômage, a dominé la campagne électorale de 2002.
Quels que soient la méthodologie utilisée et l’échantillon sélectionné, toutes les enquêtes statistiques convergent et mettent en évidence une forte croissance du chômage en 2003, première année du gouvernement Lula. Le taux de chômage a battu des records dans les six plus grandes régions métropolitaines : il y a progressé de 2 points entre décembre 2002 et 2004, passant, selon l’IBGE, de 9,4 à 11,4% de la population active (soit environ 2,4 millions d’individus). Sur l’ensemble du territoire et selon les experts, il y aurait eu en 2003 près de 1,6 millions de chômeurs en plus qu’en 2002. Fin 2003, 46% des moins de 24 ans étaient à la recherche d’un premier emploi (contre 41% fin 2002).
D’après les enquêtes du DIEESE, moins optimistes, le chômage aurait atteint les 20% au cœur économique du Brésil, São Paulo et sa grande banlieue industrielle (35% du PIB national), et continuerait d’y toucher 18,7% des travailleurs en 2004. Simultanément, la durée moyenne de la période passée au chômage s’est allongée, quelle que soit la tranche d’âge des demandeurs d’emploi considérée et le pouvoir d’achat moyen des Brésiliens a reculé de 3,75%, aggravant d’autant la tendance enregistrée par l’IBGE entre 1996 et 2003 à la chute de 11% des salaires payés par les entreprises en termes réels, c’est-à-dire une fois déflatés par l’Indice des Prix à la Consommation (IPCA).
Les fortes inégalités de revenus (les 10% les plus riches concentrent 46% du revenu national alors que les 50% les plus pauvres n’en absorbent que 13%) et le sous-emploi restent aujourd’hui des problèmes majeurs au Brésil, dont, selon l’IBGE, 33,6% de la population (soit 59 millions de Brésiliens) étaient en 2002 sous le seuil de pauvreté de 2 USD par jour et 14,6% (26 millions) en situation d’indigence (moins de 1 USD/jour)
Un million et demi de nouveaux emplois ont été créés en 2004, notamment, à un taux d’accroissement du PIB de 5 % (taux le plus élevé sur les dix dernières années). Mais ce taux spectaculaire qui est brandi comme le signe de la justesse de la politique économique monétariste du ministre des Finances, Antonio Palocci, ne se poursuit malheureusement pas en 2005. Au mieux, il atteindra 3 % et pas davantage les années suivantes.
Finalement, la reprise a tout juste suffi à résorber les vagues de licenciements de 2003, notamment dans l’industrie et l’agro-industrie. Dans bien des cas, l’exclusion du marché du travail semble même irréversible (augmentation du chômage occulte et du chômage persistant). Entre 1996 et 2003, l’industrie a continué à être la principale activité de l’économie, mais a perdu de l’espace au profit du commerce dans la création d’emplois : en 1996, la participation de l’industrie de transformation était de 32,6% et en 2003 a chuté a 29,9% ; au même moment, le commerce croissait de 21,9% à 25,8%.
S’appuyant sur ces données et rappelant les incertitudes pesant sur la capacité des appareils statistiques à mesurer exactement l’activité réelle, certains analystes mettent en doute la qualité des emplois créés par le gouvernement Lula : la plupart, relevant des services aux particuliers et du petit commerce, peu productifs et mal rémunérés, seraient concentrés dans l’économie informelle (qui concernait 27,8 % de la population active en 2002 contre 19,3 % en 1990).
Lutte contre le travail informel. Au Brésil, il y un véritable problème d’emploi informel. Pour mesurer le nombre de personnes hors du marché du travail informel, les enquêteurs mesurent le nombre de personnes ne détenant pas de document de travail (« carteira de trabalho »). Entre travail formel et informel l’écart de revenu est important - 27,5% - auquel s’ajoute l’absence de couverture sociale.
L’augmentation du travail informel a surtout été constatée à la fin des années 1980. Mais la tendance s’est poursuivie dans les années 1990. Selon l’IBGE, en 1991, 21% des personnes travaillaient sans document de travail et 54% étaient régulièrement enregistrées, les 25% restant étant des travailleurs indépendants. En 2002, la part des travailleurs dans le secteur informel s’élève à 30% alors que la part de la population régulièrement enregistrée a diminué pour atteindre 45%.
Le travail informel a surtout augmenté dans l’industrie (de 38 à 45 % des salariés) ; il n’est pas uniquement présent dans la micro entreprise : il touche aussi les petites et moyennes entreprises (> 10 salariés, 2/3 des salariés sont des informels). Les emplois indépendants ont peu évolué. Dans les années 1980 beaucoup d’indépendants ont intégré le secteur informel, alors que peu de travailleurs du secteur informel ont intégré le secteur formel.
Les contributions sociales finançant les budgets de sécurité sociale sont en grande partie responsables de cette évolution. Compte tenu d’un coût élevé du travail, les entreprises préfèrent dans certains cas avoir recours à des travailleurs non déclarés. Cette situation prive l’INSS de contributions supplémentaires et les salariés d’un véritable filet de protection contre les risques sociaux. Néanmoins, beaucoup de travailleurs du secteur informel finissent par toucher une pension de retraite sans avoir jamais cotisé au régime général de retraites.
Contrairement à l’Argentine, il existe une charte du travail exemplaire. Le problème ne réside donc pas dans la reconnaissance de droits pour les travailleurs, mais dans leur application.