En janvier 2003, le chancelier (ministre des Finances) britannique, Gordon Brown, a formellement proposé la création d’une International Finance Facility, mécanisme qui permettrait de doubler, de 50 à 100 milliards $US par an, les sommes affectées à l’aide internationale, de façon à atteindre, d’ici 2015, les objectifs du millénaire de réduction de la pauvreté. La proposition a obtenu l’appui du gouvernement français et les chefs d’Etat réunis au G8 d’Evian en juin 2003, ainsi que des gouvernements du Brésil et d’Afrique du Sud sans oublier, en novembre 2003, l’appui du Vatican. En juillet 2005, Tony Blair recevait le G8 à Gleneagles en Écosse. Malgré les attentats terroristes qui ont frappé Londres durant le sommet, le Premier ministre britannique a obtenu gain de cause. Les 8 chefs d’État ont confirmé les annulations de dette antérieures de 50 milliards de dollars et l’augmentation de l’aide publique de 50 milliards de dollars par an d’ici 2010.
Le Royaume-Uni avait également mis en tête des priorités du G8 de Gleneagles l’environnement et les changements climatiques. Au terme du sommet, les pays riches sont parvenus à l’établissement d’un « plan d’action », certes timide, pour l’usage d’énergies moins polluantes et afin de protéger la forêt mondiale.
Tony Blair est favorable à une plus grande ouverture du marché européen, surtout agricole, aux produits du Sud, une mesure plus coûteuse pour l’Europe méditerranéenne. Fin octobre 2002, Blair fut particulièrement outré de la reconduction imposée à l’Europe par la France et l’Allemagne des subventions agricoles de la Politique agricole commune pour les quatre années à venir . Il dénonça la défense « d’intérêts restreints d’agriculteurs incompétents » et d’une politique qui nuit à l’agriculture des pays Sud, dont les produits locaux ne peuvent concurrencer les produits européens, subventionnés et importés. Malgré la profonde réforme de la PAC en 2003 qui supprime progressivement les subventions, les tensions entre le Royaume-Uni d’une part et la France et l’Allemagne d’autre part, freinent l’avancée de l’Union Européenne et empêche les 25 de s’accorder sur un budget pour 2007-2013. Cependant, Tony Blair se montre toujours prêt à mener une action concertée pour améliorer les perspectives et la croissance, réduire la dette, combattre la corruption, et assurer la paix et la sécurité. En 2005, la France et le Royaume-Uni s’allie étroitement pour tenter d’atteindre les Objectifs du Millénaire.