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Note synthèse

  Argentine : Politique nationale

dernière mise à jour : 8 mars 2007


Quand Nestor Kirchner a pris le pouvoir en Argentine, le pays se trouvait dans une situation chaotique suite à la crise de décembre 2001. Kirchner a néanmoins réussi en très peu de temps à gagner la confiance de la grande majorité des Argentins. Il s’est tout de suite montré à l’écoute des demandes populaires, notamment en ce qui a trait à la corruption et à l’impunité : il a obligé « la vieille garde » de la junte militaire et le président de la Cour Suprême (que l’on croyait impliqué dans les affaires de corruption) à démissionner et il a rouvert le dossier des violations des droits humains commises lors de la dernière dictature militaire. Il a également changé la stratégie de négociation avec le FMI : contrairement au président Duhalde qui apparaissait faible face au Fonds, Kirchner refuse de céder à toutes les exigences de l’institution, ce qui ne l’empêche pas de conclure des accords. Finalement, au niveau régional, Kirchner cherche activement à renforcer les liens existant entre son pays et ceux du Cône Sud (surtout avec le Brésil) afin de faire front commun lors des négociations internationales. Ces choix politiques ont permis à Kirchner de se démarquer de ses prédécesseurs et cette démarcation explique, en grande partie, sa popularité.



Quand Nestor Kirchner a pris le pouvoir en Argentine, le pays se trouvait dans une situation chaotique suite à la crise de décembre 2001. Kirchner a néanmoins réussi en très peu de temps à gagner la confiance de la grande majorité des Argentins. Il s’est tout de suite montré à l’écoute des demandes populaires, notamment en ce qui a trait à la corruption et à l’impunité : il a obligé « la vieille garde » de la junte militaire et le président de la Cour Suprême (que l’on croyait impliqué dans les affaires de corruption) à démissionner et il a rouvert le dossier des violations des droits humains commises lors de la dernière dictature militaire. Il a également changé la stratégie de négociation avec le FMI : contrairement au président Duhalde qui apparaissait faible face au Fonds, Kirchner refuse de céder à toutes les exigences de l’institution, ce qui ne l’empêche pas de conclure des accords. Finalement, au niveau régional, Kirchner cherche activement à renforcer les liens existant entre son pays et ceux du Cône Sud (surtout avec le Brésil) afin de faire front commun lors des négociations internationales. Ces choix politiques ont permis à Kirchner de se démarquer de ses prédécesseurs et cette démarcation explique, en grande partie, sa popularité.

Même si sa popularité est passée de 60% en décembre 2003 à 42% en septembre 2004, après deux ans de son mandat, Kirchner a su maintenir des relations positives avec les secteurs sociaux essentiels pour le maintien de la stabilité et des institutions du pays. Connu par les épargnants pour avoir lancé la restitution des épargnes retenues lors du « corralito », le président semble avoir réussi à maintenir la paix sociale en Argentine. En guise de preuve, les données suivantes du Ministère de la justice, de la sécurité et des droits de l’homme :

Malgré ce « succès », les piquetes sont encore causes de tensions au sein de la société argentine . Le président s’est abstenu de recourir à la force pour étouffer les actions des membres des couches les plus défavorisés de la population, mais son rapprochement de quelques dirigeants piqueteros n’est pas accepté par tous. Le ministre de l’économie, Roberto Lavagna, a accusé les piqueteros de conduire le pays vers une situation de semi-anarchie, et les critiques de la « politique de la base » craignent l’institutionnalisation de cette façon de faire de la politique qui pourrait favoriser le développement des relations clientélistes.

La relance de l’économie est l’une des réussites les plus importantes du gouvernement de Kirchner. En 2003, le PNB a cessé de diminuer pour la première fois depuis 1999, il a ainsi augmenté de 8,7 % et l’année suivante de 8,2% . Pour les années 2005 et 2006, les taux de croissance attendus sont respectivement de 6 % et 3,6 %. Le taux de chômage est aussi descendu pendant le gouvernement de Kirchner, passant de 19,7 % en mai 2002 à 17,3 % en 2003 et à 13,8 % en 2004. Bien qu’il ne faille pas nier cette réussite, le nouveau souffle économique est davantage la conséquence de facteurs externes, comme la croissance du marché chinois et l’augmentation des exportations argentines vers ce pays, qu’une augmentation de la demande interne.

Critique du néolibéralisme et du consensus de Washington, Kirchner a présenté une vision des politiques sociales qui promeut l’emploi, l’accès des citoyennes à une meilleure qualité de vie et la participation citoyenne. Ainsi, la ministre du Développement social explique que les programmes sociaux doivent provenir d’une politique sociale intégrée non ciblée et qui vise la création d’espaces inclusifs.

Comme solutions concrètes aux problèmes socio-économiques du pays, quelques programmes d’aide sociale, tels que le « Plan Mayores » (pour les personnes âgées), le « Plan Más y Mejor Trabajo » (qui promeut la création d’emplois) et le « Plan Manos a la obra » (micro-crédit pour les petites entreprises) ont été mis en place. Dans le budget de 2004 des augmentations modérées des dépenses publiques ont été prévues dans les domaines du développement social, de l’éducation, de la santé et de la sécurité sociale. Bien que ces mesures soient louables, le manque de fonds publics à investir dans les programmes sociaux en restreint la portée. Enfin, plusieurs analystes estiment que le programme économique de Kirchner n’est pas cohérent.

La renégociation du remboursement de la dette extérieure est le défi le plus important que l’Argentine doit surmonter si elle veut connaître une véritable reprise de la croissance économique.

Dette externe % du PNB1990-2002
1990 46,0
1995 39,0
2001 52,5
2002 138,4

Même avec une renégociation de la dette réussie, les organismes multilatéraux restent présents en Argentine, puisque plusieurs des programmes sociaux considérés essentiels pour la relance de l’activité économique, comme par exemple le « Plan Jefes y Jefas de Hogar », sont soutenus par la Banque Mondiale .

L’image positive du travail du gouvernement de Kirchner pourrait bénéficier à son parti lors des élections législatives en octobre 2005.





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