Olivier Thévenon, INED, Population et sociétés n° 448, 4 pages.
La fécondité, le nombre moyen d’enfants que les femmes mettent au monde, varie du simple au double d’un pays développé à l’autre. On soupçonne que les écarts tiennent en partie à l’existence ou non d’une politique familiale et à son ampleur. Mais quelles sont les politiques familiales des pays développés et comment sont-elles orientées ? L’auteur dresse un tableau des diverses politiques existantes en exploitant la base de données de l’OCDE sur le sujet. Les politiques familiales, dont certaines très récentes, varient fortement d’un pays à l’autre. Les objectifs ne sont d’ailleurs pas les mêmes, la priorité variant entre relèvement de la fécondité, aide à la conciliation vie familiale-vie professionnelle, et lutte contre les inégalités.
La France occupe une position assez singulière au regard de ses voisins européens. La politique de la famille en France a des racines anciennes à la croisée d’une pluralité d’objectifs. Les dépenses totales pour les familles sont comparativement importantes puisqu’elles s’élèvent à 3,8 % du PIB en tenant compte des aides fiscales, ce qui situe notre pays au 3e rang des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, dont les aides ont atteint en moyenne 2,4 % du PIB en 2003, contre seulement 1,6 % en 1980. L’aide financière accordée en présence d’enfants est plus importante en volume que dans les pays nordiques. L’auteur de l’étude pointe les faiblesses déjà reconnues en France : les aides profitent surtout aux familles aisées, en raison de la part importante des aides fiscales, et le congé parental favorise l’interruption du travail des mères à partir du deuxième enfant.
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De mieux concilier de vie professionnelle et vie privée grâce à un congé de maternité plus long et plus attractif
Commission européenne
La Commission européenne a présenté en octobre deux propositions de directives visant à aider les femmes à « mieux concilier vie professionnelle et vie privée ». La première porte la durée minimale du congé de maternité de 14 à 18 semaines et recommande de verser aux femmes 100 % de leur salaire, les États membres ayant toutefois la possibilité de fixer un plafond à hauteur de la prestation maladie. Les femmes enceintes devraient avoir en outre « plus de latitude » pour choisir la période à laquelle elles prendront la partie non-obligatoire de leur congé, tandis que leur protection contre le licenciement sera renforcée pendant la grossesse. Elles pourront enfin demander des horaires adaptés à leur retour de congé, même si l’employeur aura le droit de refuser cette requête. La seconde directive permettrait également d’améliorer la situation des femmes exerçant une activité indépendante. Ces dernières bénéficieront du même accès au congé de maternité que les salariées, mais sur une base volontaire. Les deux propositions vont maintenant être transmises au Parlement européen et aux gouvernements nationaux pour examen.
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Politique familiale : les classes moyennes pénalisées
Observatoire des inégalités
En France, la politique familiale bénéficie surtout aux familles aisées et, dans une moindre mesure, aux familles modestes. Quant aux classes moyennes, elles enregistrent les gains les plus faibles.
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How Do Parents Allocate Time ? The Effects of Wages and Income
Hans Bloemen et Elena Stancanelli, IZA DP No. 3679, 46 pages.
L’article examine l’impact de certaines variables économiques sur l’organisation du temps des parents à partir de données françaises datant de 1998-1999. Les auteurs soutiennent que les variations salariales ont un impact positif sur le temps consacré par les parents au marché du travail, négatif sur le temps consacré aux tâches ménagères et neutre sur le temps consacré aux enfants. Le temps consacré par les femmes aux tâches ménagères et aux enfants ne dépend pas du salaire de leur mari, alors que le temps consacré par les hommes à ces mêmes tâches augmente avec le salaire de leur femme. Les auteurs soutiennent aussi que les parents plus âgés et plus éduqués passent davantage de temps avec leurs enfants.
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