Brigitte Frotiée, Lien social et politiques, n° 55, pp. 33-44
Extrait de l’introduction :
« L’intitulé de la loi française votée
le 27 juillet 1999 proclame l’universalité
de la couverture maladie, « la
Couverture maladie universelle »,
appelée plus couramment la CMU.
Dès le premier article de cette loi il
est écrit : « Il est créé, pour les résidents
de la France métropolitaine et
des départements d’outre-mer, une
couverture maladie universelle qui
garantit à tous une prise en charge
des soins par un régime d’assurance
maladie, et aux personnes dont les
revenus sont les plus faibles le droit
à une protection complémentaire et
à la dispense d’avance de frais ». On
peut se demander ce que signifie
cette universalité à la française alors
qu’un ciblage sous conditions de
ressources y est annoncé. N’est-ce
pas contradictoire ? Quelles sont les
finalités visées par cette loi ?
[…] il s’agit de saisir les points d’inflexion aussi
bien que les rapports de force en
présence qui ont conduit à la création
du dispositif de la couverture
maladie universelle. Pour y parvenir, nous chercherons à répondre à
trois questions : pourquoi cette
réforme ? Pourquoi ces modalités
dans la construction du dispositif de
la CMU complémentaire ? Entre
continuités et changements, quelle
est la place de la CMU de base et de
la CMU complémentaire dans le
système de l’assurance maladie et
celui de l’assistance† ? Chacune de
ces questions va être déclinée et
correspond à l’une des trois parties
de l’article. »
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