Odile CHAGNY et Paola Monperrus-VERONI, Chronique internationale de l’IRES, no. 110, 14 pages.
Dans la plupart des pays, les réformes des retraites combinent une baisse du montant des pensions garanties par les régimes contributifs, une introduction à des doses plus ou moins importantes d’un étage en capitalisation, et des mesures visant au report de l’âge de la retraite. L’analyse de l’impact de ces réformes pour les femmes est d’autant plus pertinente que ces réformes, tout en incitant à une plus forte et plus longue participation au marché du travail, supposent également des transitions directes de l’emploi à la retraite. Compte tenu de leurs aléas de carrière, c’est en effet aux femmes que les réformes demandent, potentiellement, l’effort le plus important en termes d’allongement de durée d’activité, et c’est également sur elles que pèseront les risques les plus élevés en terme de niveau de vie, si elles ne parviennent pas à adapter leur comportement d’activité à la norme « standard » prévue par les réformes. La comparaison proposée ici est centrée sur la France, l’Allemagne, l’Italie et la Suède. Ces quatre pays d’Europe continentale disposaient avant les réformes de systèmes de retraite pour l’essentiel par répartition, à prestations définies. Ils ont mis en place depuis le milieu des années 1990 des réformes importantes, qui participent de logiques assez proches, mais selon des modalités différentes : basculement vers un système à cotisations définies en comptes notionnels en Suède et en Italie, prise en compte de la contrainte démographique dans la détermination des droits futurs à la retraite en Allemagne, augmentation de la contributivité et logique de partage des gains d’espérance de vie entre vie active et retraite en France. Ces pays sont également caractérisés par des modalités de participation au marché du travail et des transition emploi-retraites des femmes assez différenciées.
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