Le 24 - 26 octobre, le SPD se dotera à Hambourg d’un nouveau programme fondamental, le troisième depuis le programme de Godesberg. À la veille de ce congrès, le parti se voit confronté à une situation compliquée.
Les sondages attribuent au SPD des intentions de vote relativement faibles (27 à 30 %), bien loin des résultats des élections de 2005. Kurt Beck, le président du parti, enregistre également des taux d’approbation relativement bas, bien inférieurs à ceux de la Chancelière Angela Merkel.
Le parti se trouve confronté à un dilemme stratégique inédit pour lui : d’une part, la CDU a su tirer les leçons de la quasi défaite de 2005 où elle menait une campagne d’inspiration néolibérale. Après cet échec, elle s’est réorientée au centre et tente de s’approprier des thèmes « classiques » du SPD. A l’autre extrême de l’échiquier politique, le parti « La Gauche » (Die Linke) se stabilise dans les sondages, constituant pour la première fois depuis longtemps une concurrence de gauche pour le SPD.
En même temps, le climat social en Allemagne est pourtant favorable aux principes de la social-démocratie. Les sondages d’opinion montrent très clairement qu’une majorité de la population déplore un manque de justice sociale et souhaite une orientation sociale plus marquée de l’action du gouvernement. Principale raison à cette tendance est une distribution des revenus de plus en plus inégale et une baisse du revenu des « citoyens moyens ».
Télécharger le document PDF 136.7 ko
Allemagne. Renouvellement des conventions collectives sur fond de reprise et d’inégalités salariales croissantes
Adelheid Hege, Chronique internationale de l’IRES, no. 107, 13 pages.
Le climat économique est propice à la négociation salariale. En 2006, l’Allemagne renoue avec une croissance robuste et les instituts de conjoncture révisent à plusieurs reprises à la hausse leurs prévisions. Pour la première fois depuis des années, l’emploi régulier, soumis à cotisations sociales, est en hausse. En mai 2007, le chômage descend à son niveau le plus bas depuis fin 2001 ; après avoir frôlé et épisodiquement dépassé la barre des 5 millions, le nombre de chômeurs officiellement déclarés devrait descendre à 3,5 millions avant la fin de l’année. Dans ce contexte, les acteurs politiques eux-mêmes plaident pour une hausse des salaires « appropriée » et les appels des experts économiques à la modération salariale se font plus discrets.
Télécharger le document PDF 137.7 ko