Le syndicalisme et la mondialisation
Les syndicalismes référentiels dans la mondialisation : une étude comparée des dynamiques locales au Canada et en France
Christian Dufour, Adelheid Hege, Christian Levesque et Gregor Murray, La Revue de l’IRES, N° 61 - 2009/2, 35 pages.
« Affectées par des changements nombreux, les équipes syndicales doivent elles-mêmes se transformer. Comment comprendre leurs cheminements divers dans ces péripéties ? Une comparaison entre des établissements canadiens et européens permet de fonder empiriquement et théoriquement une analyse de ces phénomènes. Les auteurs formulent le concept de « syndicalismes référentiels ». Il articule les principales dimensions à travers lesquelles se dessinent les transformations des acteurs : répertoires d’action, identités collectives, ressources, capacité représentative, capacité stratégique. En retenant les cas de deux établissements, canadien et français, l’article illustre la place respective et les interactions de ces dimensions. Leur hiérarchisation au sein de l’action collective permet de comprendre pourquoi des situations institutionnelles inégales peuvent donner lieu à des évolutions analogues. L’incertitude, les pertes de repère caractérisent une phase paradoxale où les acteurs collectifs ne peuvent échapper aux risques d’une redéfinition. »
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La fusion comme processus et moyen de réforme syndicale : l’exemple de Ver.di
Marcus Kahmann, La Revue de l’IRES, N° 61 - 2009/2, 35 pages.
« Depuis la fin des années 1980, le système syndical allemand a considérablement évolué. Promettant d’augmenter l’efficacité organisationnelle et représentative des syndicats, la fusion a été un moteur principal de ces changements. En prenant l’exemple de la fusion la plus importante, celle du syndicat des services, Ver.di, l’article analyse le processus menant à sa création et esquisse ses effets principaux, à la fois sur sa nouvelle organisation et sur son environnement. Constatant qu’il existe un fossé considérable entre les ambitions initiales du projet et la réalité d’après-fusion, il s’interrogera sur les raisons d’un tel résultat. Les problèmes de Ver.di, qui vont bien au-delà de ceux d’autres fusions, résultent en partie de deux conditions de départ particulières du projet : sa taille exceptionnelle et le nombre élevé de partenaires impliqués. Les pertes prononcées d’adhérents, la tendance au cloisonnement interne ainsi que les difficultés à s’accorder sur son programme de travail posent la question des limites sa croissance et de son hétérogénéité interne. »
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Entreprises multinationales et réagencement des territoires de l’action syndicale : bilan d’une expérience
Marc-Antonin Hennebert, La Revue de l’IRES, N° 61 - 2009/2, 23 pages.
« Comme en témoignent des études récentes dans des domaines aussi variés que la géographie, le droit ou encore les relations professionnelles et internationales, nous assistons aujourd’hui à une diversification des lieux de la régulation sociale impliquant une nouvelle juxtaposition des espaces locaux, nationaux et transnationaux. Si ces différents espaces de régulation ont longtemps été considérés comme s’opposant les uns aux autres, les récents travaux sur la gouvernance multi-niveaux reflètent une réalité plus complexe qui se caractérise plutôt par des interactions diverses et un enchevêtrement de ces espaces. Reportée au monde syndical, cette réalité confronte les organisations de représentation des travailleurs à des défis importants, dont celui d’apprendre à concilier ces nouveaux agencements et d’en faire émerger les complémentarités potentielles, comme en témoigne la formation nouvelle de « réseaux syndicaux transnationaux » ou d’« alliances syndicales internationales » au sein des entreprises multinationales. Leur objectif est généralement d’assurer et de consolider les droits syndicaux dans ces différents pays, de coordonner les activités syndicales des affiliés grâce notamment aux échanges réguliers d’informations ainsi qu’à ouvrir un espace de dialogue et de négociation au plan international avec les directions de ces entreprises. Partant de ce contexte, cet article vise d’abord à offrir une analyse théorique de l’enjeu de la diversification et de l’enchevêtrement des lieux de la régulation pour l’acteur syndical, puis, à partir d’une perspective plus empirique, de mettre en exergue la pertinence des alliances syndicales internationales face à ce nouveau phénomène en relatant l’expérience particulière des syndicats d’une multinationale canadienne dans la mise en place d’une telle alliance baptisée le « Réseau UNI@Quebecor World ». »
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Les CEE et la négociation collective transnationale : accords européens et mondiaux dans l’automobile
Isabel da Costa, Udo Rehfeldt, La Revue de l’IRES, N° 61 - 2009/2, 29 pages.
« La négociation collective transnationale s’est développée dans la dernière décennie au sein d’un nombre croissant d’entreprises multinationales. Plus de soixante-dix accords-cadres ont été signés au niveau mondial et autant au niveau européen. Le secteur de l’automobile est à l’origine de deux innovations majeures dans le domaine de la négociation transnationale : l’évolution du rôle des CEE du droit d’information et de consultation vers la négociation d’accords de sauvegarde d’emploi et la création de comités mondiaux dans certaines firmes. Après avoir retracé l’évolution des stratégies syndicales aux niveaux mondial et européen, l’article analyse l’action des syndicats et des CEE dans cinq firmes de l’automobile et met en lumière l’importance de la coordination transnationale de l’action syndicale. »
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