Mona-Josée GAGNON et Karen LANG, Chronique internationale de l’IRES, no. 110, 10 pages.
Comment les mandats présidentiels de Luiz Inacio Lula da Silva se démarquent-ils de ceux de ses prédécesseurs ? Le traitement de cette question controversée a tout à gagner d’une meilleure connaissance des acteurs politiques clés de la société brésilienne. Parmi ceux-là, le syndicalisme, et singulièrement la très majoritaire Central Unica dos Trabalhadores (CUT), laquelle jouit d’une excellente réputation dans les milieux syndicaux internationaux. Il n’empêche que le syndicalisme brésilien incarne plusieurs paradoxes dont il ne semble pas prêt d’être débarrassé, tant ils s’inscrivent dans le tissu sociohistorique. A l’instar de celles de nombreux autres pays d’Amérique latine, la vie politique brésilienne a été ponctuée de coups d’Etat et d’intermèdes démocratiques, et cela depuis la proclamation de son indépendance en 1899. Ce qui fait l’originalité du Brésil est toutefois la résistance des principes à la base de son régime corporatiste autoritaire jusqu’à ce jour. Si les arrangements institutionnels ne peuvent attester de la réalité sociale, tant s’en faut, il demeure que le syndicalisme brésilien est en tension permanente entre des pratiques développées à la faveur des épisodes autoritaires et d’autres pratiques s’accordant mieux avec les principes d’indépendance syndicale. Après avoir fait une présentation chronologique des principaux éléments contextuels, les auteurs traitent de la question de l’indépendance syndicale puis font l’histoire de l’échec de la réforme des arrangements institutionnels encadrant l’action syndicale (2005).
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Le syndicalisme à l’épreuve du capitalisme séparateur
Thierry Pech, La vie des idées
La faiblesse du syndicalisme français ne s’explique plus seulement par des spécificités nationales. Elle s’inscrit au contraire dans un mouvement de recul international, lié à la montée en puissance d’un « capitalisme séparateur ».
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